Le débat sur le climat domine les prochaines élections nationales. Tous les partis n’ont de cesse de parler du changement climatique mais personne ne prend réellement au sérieux l’urgence et l’importance de la question. C’est pour cette raison que la campagne électorale 2019 est sans intérêt.

Une droite qui sortira intacte

Les partis bourgeois sont incapables d’offrir une issue à la crise climatique car ils défendent tous le système qui mène à l’exploitation et à l’oppression. Le PLR tente de manière opportuniste d’unir protection de l’environnement et capitalisme. Heureusement, de nombreux grévistes du climat, dégoutés, rejettent la supercherie. 

Mais malgré tout, la droite reste crédible aux yeux de la population. Les sondages prévoient un léger renforcement des partis bourgeois au parlement. C’est particulièrement le cas pour les Verts libéraux mais aussi, dans une certaine mesure, pour le PLR. Pire, il en va de même pour l’UDC, premier des partis bourgeois et capitalistes. Le même parti dont le ténor, Christophe Blocher, disait au printemps que « la question du climat est un effet de mode, elle va bientôt disparaître ».

Cette situation, c’est clairement la gauche qui en est responsable. Puisque personne ne propose un programme climatique anticapitaliste et cohérent, l’incapacité des bourgeois à résoudre la crise environnementale n’est pas martelée dans le débat. 

La taxe antisociale sur le CO2 est l’une des pierres angulaires du programme environnemental du PS et des Verts. Ils estiment que les salariés et les jeunes devraient passer à la caisse pour lutter contre le changement climatique. Ils semblent oublier qu’à lui seul le cimentier Lafarge-Holcim émet quatre fois plus de CO2 par an que l’ensemble de la population suisse. Aucun travailleur ne veut et ne devrait  payer plus pour aller travailler ou partir en vacances, alors que les véritables responsables, les grandes entreprises, continuent à polluer la terre sans limite. 

Le résultat est absurde. Des Verts au PLR, on voit se former un bloc uni autour d’une politique climatique antisociale et contre les travailleurs. Et l’UDC, qui par pure démagogie s’oppose à de telles taxes, passe une fois encore pour l’unique parti à se soucier de la classe ouvrière !

Résistance dans la rue

Aucune amélioration n’est envisageable tant que le système reste le même, ni pour l’environnement, ni pour la condition de vie des travailleurs. C’est pour cette raison que des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs sont descendus dans les rues, que ce soit pour le climat ou contre l’oppression des femmes. Ces derniers mois ont clairement montré que le peuple opprimé en Suisse est prêt à se battre. Face à cela, que fait le PS, le principal parti de gauche ? Il ferme les yeux, et continue comme si de rien n’était !

Sa dernière campagne intitulée « Depuis plus de 40 ans, le PS s’engage pour l’environnement » le démontre parfaitement. Pour des raisons inconnues, le PS semble de croire qu’il est en avance sur son temps. En réalité il est à la traîne par rapport à l’urgence de la catastrophe environnementale. Travailler pour le climat, c’est chercher activement à rompre avec le système capitaliste. Les grévistes du climat l’ont compris avec leurs revendications radicales pour un « net zéro » d’ici 2030 et un changement de système. Le PS et les Verts refusent de donner une place à ces revendications lors des élections.

Qui a perdu la législature ? 

La direction du PS décrit ces quatre dernières années comme une « législature perdue ». Cela signifie que le parlement capitaliste n’a pratiquement pas réussi à faire passer ses gros dossiers. Le PS estime donc que sa tâche est d’administrer le capitalisme en crise au parlement. Cela montre une fois de plus à quel point le PS est éloigné des masses dans la rue. On peut effectivement dire que la dernière législature a été perdue : car la gauche n’a absolument rien appris.

Il est nécessaire de porter un programme anticapitaliste et cohérent. C’est la seule façon d’éviter la catastrophe climatique. C’est la seule façon de lutter contre les atteintes au système des retraites. C’est la seule manière de stopper les prochains cadeaux fiscaux pour les riches. Il y a un besoin urgent de politiques radicales dans l’intérêt des salariés, des jeunes et de l’environnement. Les grévistes du climat exigent à juste titre un « changement de système », mais ne sont nullement pris en compte dans cette campagne électorale. 

Pour la rédaction
Dersu Heri

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