Les perspectives d’avenir sont de plus en plus sombres pour l’économie mondiale. Les gouvernements font tout ce qu’ils peuvent pour résoudre la situation. Mais ils ont épuisé leurs munitions lors de la dernière crise. Le capitalisme n’offre aucune issue.

La pandémie de coronavirus sème le chaos dans le monde entier, en entraînant la mise à l’arrêt de la société et en paralysant la production. Le système capitaliste se voit ainsi confronté à une crise existentielle, l’effondrement impactant tous les pays au même moment.

Cette crise sera plus grave que toutes celles que nous avons connues jusqu’à présent. Des millions de personnes perdront leur emploi. Ainsi, Steve Mnuchin, le secrétaire au Trésor américain, avertit que le taux de chômage aux États-Unis pourrait bondir à 20 %. Au lendemain du krach de 2008, il était de 10 %.

Une crise mondiale

Cette crise frappe la classe dirigeante de plein fouet. En 1938, Trotsky déclara que la classe dirigeante courait à la catastrophe les yeux fermés. Il en va de même aujourd’hui.

La Chine – force motrice du capitalisme mondial ces derniers temps – est en chute libre. La Deutsche Bank estime que le PIB chinois devrait diminuer de 31,7 % au premier trimestre. La Chine ne sera donc pas en mesure de sortir l’économie mondiale de son marasme, comme elle l’avait fait dix ans auparavant. Au lieu de cela, elle représentera désormais un fardeau.

La première économie mondiale, les États-Unis, est en route pour le désastre. Là encore, la Deutsche Bank estime que l’économie américaine devrait se contracter de 12,9 % au deuxième trimestre de 2020. Cela constituerait la plus forte contraction en 80 ans.

Le Japon, tout comme l’Union européenne et la Grande-Bretagne, est en récession. L’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique sont durement touchées. Il s’agit d’une crise mondiale du capitalisme.

Comme nous l’avons déjà expliqué, le ralentissement économique avait précédé la pandémie de coronavirus. L’effondrement majeur était déjà en vue. Le virus ne fut rien d’autre qu’un déclencheur – l’accident révélant des causes aux racines plus profondes.

À l’heure actuelle, la classe dirigeante se trouve dans un état de panique, craignant l’effondrement complet du système capitaliste.

Armageddon

L’économie mondiale ne s’était pas remise de la crise de 2008. Il ne leur reste presque rien pour faire face à l’effondrement économique actuel. Il y a quelques mois à peine, l’ancien directeur de la Banque d’Angleterre, Mervyn King, évoquait la possibilité d’un « Armageddon financier ». Eh bien, la situation est en réalité bien pire qu’absolument tout ce qu’il aurait pu imaginer.

La Réserve fédérale américaine (FED) ainsi que la Banque d’Angleterre ont réduit les taux d’intérêt à 0,1 %. La FED a également inondé le marché obligataire de 200 milliards de dollars « pour le ramener à la vie », de plus, elle prévoit l’injection sans précédent d’un montant de 1,2 trillion de dollars dans l’économie afin de soutenir le système.

Quant à la Banque centrale européenne (BCE), elle a fait connaître son intention d’acheter 750 milliards d’euros d’obligations supplémentaires. En outre, elle achètera 20 milliards d’euros de dette par mois, afin de renflouer les gouvernements européens.

L’Italie réclame davantage de mesures et demande à Bruxelles de lancer un fonds de sauvetage de 500 milliards d’euros. Mais la capacité d’action de la BCE est limitée par des règlements qui lui interdisent de détenir plus d’un tiers de la dette d’un pays. Or, cette limite risque d’être très bientôt atteinte.

La BCE a qualifié ses actions de Programme d’urgence pandémique (PEPP). En réalité, il s’agit plutôt d’un Programme d’urgence en panique. Les responsables sont terrifiés par la perspective de voir la zone euro sombrer dans une nouvelle crise de dettes majeure, pourtant inhérente à la situation.

Les bulles s’éclatent

Les gouvernements capitalistes font tout ce qui est en leur pouvoir afin de gérer la crise. Mais ils savent pertinemment que le krach aura lieu. Leur unique option est d’atténuer la situation en espérant que les choses aillent pour le mieux.

Au cours de la dernière décennie, les programmes d’assouplissement quantitatif (quantitative easing) furent mis à l’essai dans le monde entier. Mais plus on injectait d’argent bon marché dans l’économie, plus on voyait les problèmes se multiplier ailleurs. Cet argent a été concentré dans des rachats d’actions et des bulles d’actifs, ce qui entraîna le plus long marché haussier de l’histoire. Aujourd’hui, la tendance s’est inversée.

Bien sûr, cette dynamique est ponctuée de « reprises », comme c’est toujours le cas. Mais la trajectoire est à la baisse. Selon The Independent (20.03.2020), le marché boursier des États-Unis chute plus rapidement qu’en 1929, lors du krach de Wall Street. Ce dernier s’était également révélé le point culminant d’un long marché haussier.

« Nous n’avons tout simplement aucune idée du moment où les actions atteindront le point le plus bas », affirme The Independent, « mais on peut dire sans l’ombre d’un doute que le rythme des ventes est alarmant dans une perspective historique ».

Marx avait raison

Contrairement à la situation de 2008-09, la crise est universelle. La situation s’assombrit de jour en jour, des secteurs toujours plus nombreux sont touchés. Mais ce n’est que le début.

La classe dirigeante est en majeure partie impuissante. Ils essaient de jeter de l’argent sur le feu. Mais nous ne faisons pas simplement face à une crise financière, mais à une crise systémique du capitalisme.

Les forces productives – industrie, technique et science – ont dépassé les limites restrictives de l’État-nation et de la propriété privée des moyens de production. Ils ont tenté de contourner ce problème par un élargissement artificiel du marché. Mais plus ils cherchent à différer la crise – une crise de surproduction – plus grande sera la crise en survenant. Marx l’a expliqué il y a longtemps. Et ces événements confirment son analyse de manière frappante.

Cauchemar capitaliste

Le danger pour les capitalistes est que cette crise ne se transforme en quelque chose de bien plus important. Ce danger est sérieusement évoqué dans la presse financière.

Ce n’est pas l’effondrement ou le krach qui a causé la dépression des années 1930, mais la politique du « chacun pour soi » introduite aux États-Unis en 1930. C’était le début d’une guerre commerciale qui a entraîné un effondrement du commerce mondial. Or, le capitalisme ne pouvait s’en sortir qu’à l’aide d’une guerre mondiale. Cette solution est aujourd’hui exclue en raison de l’armement nucléaire.

Avec Trump à la Maison Blanche et sa politique de « l’Amérique en premier », le danger d’une guerre commerciale est bien réel. Après tout, le président des États-Unis a déjà provoqué un conflit commercial déchaîné avec la Chine et l’UE.

Une nouvelle guerre commerciale d’échelle mondiale visant à répercuter les effets de la crise sur les autres pays signifiera une nouvelle Grande Dépression.

La crise actuelle met en lumière la faillite complète du capitalisme, qui menace de renvoyer la société au Moyen-Âge.

Seule une économie socialiste planifiée – où les ressources de la planète sont utilisées au profit de tous, et non d’une poignée de milliardaires parasites – peut nous sortir de l’impasse. Seule l’abolition de l’anarchie capitaliste peut nous sauver de ce cauchemar.

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