Depuis 128 ans, le mois de mai est inauguré par la journée internationale des travailleurs. Cette année, le mois de mai marque également le 200e anniversaire de Karl Marx, né le 5 mai 1818 à Trèves. Ses idées n’ont rien perdu de leur actualité à ce jour – bien au contraire.

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Lutte des classes, capital, révolution, communisme. Marx est connu pour beaucoup de ses idées. Apprécié par certains, craint et diffamé par d’autres. Mais il est rarement reconnu que, déjà en tant que jeune philosophe, il a accompli une révolution scientifique qui a dépassé en son entièreté la pensée précédente, l’amenant à un tout autre niveau. Dans notre compréhension de l’homme et du monde, il y a un pré-Marx et un post-Marx.

Marqué par l’émergence du capitalisme industriel et les révolutions politiques, technologiques et des sciences naturelles correspondantes, confronté aux débats intellectuels animés en Allemagne après la mort du grand philosophe Hegel, le jeune Marx a commencé à se questionner sur la relation entre la philosophie et la réalité. Sa conclusion : La pensée d’une personne, y compris la sienne, doit être expliquée à partir de ses conditions de vie. Notre environnement façonne nos points de vue, « l’être social détermine la conscience ». Si Marx s’en était arrêté là, cela n’aurait certainement pas été une révolution. Mais Marx comprenait l’être et la conscience, notre environnement et notre pensée, comme une relation mutuellement changeante et évolutive. Il a découvert la clé pour comprendre cette relation – et donc pour comprendre l’ensemble du développement de la société – dans le travail, compris dans son sens général comme l’activité humaine de produire en travaillant son environnement.

Le travail est le « processus » entre l’homme et la nature. C’est le nœud qui relie l’homme à son environnement naturel. Et cela va dans les deux sens. L’homme est déterminé par son environnement, les conditions de l’activité humaine lui sont imposées de « l’extérieur ». Mais avec son travail, l’homme agit sur la nature en dehors de lui, la façonne et la transforme – et ce faisant se transforme lui-même. Il ne peut donc pas y avoir d’ « être humain » figé. L’homme change dans son interaction avec la nature et avec les autres membres de la société.

Par le travail, l’homme s’approprie la nature et en fait la sienne. De cette façon, son environnement est socialement travaillé, et se transforme toujours plus de nature en culture. A mesure que le développement progresse, la production devient de plus en plus compliquée et ne se réfère plus à la simple satisfaction des besoins biologiques les plus élémentaires. Selon Marx, les idées, la moralité, l’État, la religion, etc. sont également socialement produits. Ils ne sont pas à l’extérieur ou au-dessus de l’histoire et de la société, ni simplement l’image passive de notre environnement matériel tel qu’il se reflète dans nos esprits.

Les conséquences de cette nouvelle compréhension de la relation entre l’homme et le monde sont colossales. Si la société a été créée activement par les humains à travers leur travail, alors les conditions sociales existant à un certain moment ne sont pas non plus données naturellement – et sont donc susceptibles d’être changées. Quand notre façon de produire change, notre pensée et les relations entre l’homme et la société et l’homme et la nature changent, voire l’homme lui-même change. C’est le noyau profondément révolutionnaire de la philosophie de Marx. Tout ce qui existe a émergé historiquement, se développe et change – rien n’est éternel, tout ce qui existe disparaîtra.

Sur la base de cette compréhension de la société, Marx a exploré la production sous sa forme spécifiquement capitaliste. À maintes reprises, on tente de rendre obsolètes les principales constatations de Marx en soulignant les changements survenus dans la société depuis son époque. Personne ne nie que le capitalisme a changé au cours des 200 dernières années. La réalité, cependant, est que ces changements sont beaucoup moins fondamentaux que ce qu’on nous inculque. Aujourd’hui, plus qu’à l’époque de Marx, nous vivons dans une société imprégnée de production capitaliste. Les idées de Marx restent pertinentes tant que nous vivrons dans le capitalisme. Et elles restent profondément révolutionnaires parce que, une fois que le secret du développement de la société est découvert dans le travail, elles révèlent à la fois les relations internes de la société capitaliste et les conditions pour les surmonter.

« La théorie aussi, dès qu’elle s’empare des masses, devient une puissance matérielle », écrit le jeune Marx. Cependant, cela ne se fait pas tout seul. Les forces marxistes que nous, militants de l’Etincelle et de la Tendance Marxiste Internationale, nous efforçons de construire sur tous les continents de cette planète doivent montrer que leurs approches et leurs idées peuvent répondre aux problèmes actuels, qu’elles arrivent à libérer le potentiel qui sommeille dans les salariés. Elles doivent montrer que le marxisme n’est que l’élaboration théorique la plus cohérente des aspirations des travailleurs à améliorer leur propre vie et à se débarrasser de toute oppression et exploitation.

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