Partout en Suisse les camarades de l’étincelle ont activement participé à la grève des femmes du 14 juin. Voici nos impressions du “piquet de grève” aux HUG à Genève.

Avec impatience, nos premiers camarades arrivent à 7 heure du matin devant les imposants bâtiments de l’hôpital cantonal de Genève. 12’000 employés travaillent ici, dont 80% sont des femmes réparties dans les secteurs dits “féminisés”, qui sont de plus en plus précarisés. Une poignée de secrétaires et militants syndicalistes du SSP et du SIT montent leur stand devant l’accueil, fournissant accessoires de grève et tracts aux employées qui arrivent pour le premier shift.

Nous soutenons les syndicalistes très honnêtes et engagés mais constatons tout de suite les limites de leurs méthodes appliquées – aujourd’hui et lors des derniers mois. Au lieu de chercher des discussion sur, par exemple, le lien entre les conditions de travail de plus en plus précaires et les mesures d’austérité, ou comment s’organiser pour lutter contre cette tendance, ils se contentent de distribuer des pins violets et de demander aux salariés de remplir des rapports de grève (“pour les statistiques internes”).

Le résultat : seulement une dizaine de femmes du secteur de la santé fait vraiment grève. Lorsque nous entrons dans certaines unités pour aborder les employées au sujet de la grève, nous nous rendons compte qu’une partie d’entre elles n’est même pas au courant qu’il y a une mobilisation aujourd’hui. “Il aurait fallu nous prévenir. Là c’est impossible de faire grève, je peux pas laisser tomber mes collègues et les patients.”, nous dit une jeune radiologue qui passe en vitesse pour chercher des pins pour elle et les employé-e-s de son unité. Les raisons de faire grève sont pourtant nombreuses comme le témoignent nos nombreux brefs échanges : “sous-effectif insupportable », »inégalité salariale », « commentaires sexistes des chirurgiens », « immense manque de places de crèches”.

C’est tout aussi vrai pour le groupe de nettoyeuses du secteur privé qui s’est effectivement mis en grève et qui nous rejoint vers 11 heures aux HUG. Leur réalité ? Travailler simultanément pour 2 voire 3 entreprises à temps partiel, en étant payée 20 francs par heure, avec des contrats de travail de 3 mois. Et devoir en plus de cela s’occuper des enfants à la maison car leur mari travaille bien souvent également à 120 pour cent. “Bien sûr que je suis solidaire avec leur lutte”, nous raconte un nettoyeur du secteur public qui s’est rendu au stand avec deux collègues pour une courte pause. Les trois soutiennent la revendication des nettoyeuses de se faire réintégrer dans le secteur public.  

Certes, il existe des obstacles à la lutte commune des secteurs du nettoyage et de la santé (service minimum, morcellement et externalisation des branches, menaces de la direction/ des patrons etc.). Néanmoins, nous avons vu que ceux-ci peuvent être dépassés à partir d’une discussion politique sur les expériences similaires faites. Les pique-niques et l’immense manifestation ont montré que le potentiel d’une lutte commune est même beaucoup plus grand. Ce qui manque est une organisation capable de regrouper les masses derrière un programme faisant le lien entre les différents problèmes subis par les différentes couches du prolétariat et le système capitaliste causant ces problèmes.

Le programme proposé par l’étincelle sous forme de brochure a été très bien accueilli mais nous sommes encore, à l’heure actuelle, une organisation beaucoup trop petite pour pouvoir avoir un réel impact sur ces mouvements. La grève des femmes est énormément motivante pour nous mais nous montre en même temps l’immense tâche que nous avons devons nous. Si tu es d’accord avec nos positions, aide-nous à construire cette organisation nécessaire à la libération des femmes et hommes salariés du monde entier.

Martin K. et Ariane V. en discussion avec une gréviste
Notre camarade Rose G.

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