Le XIe congrès de l’étincelle à Berne qui s’est tenu ces 13 et 14 février derniers confirme du fait du nombre florissant de ses membres – en constante croissance chaque année depuis 2008 – cette tendance favorable ou plutôt ce retour au marxisme dans la sphère socio-politique face aux crises inhérentes, récurrentes et agressives du capitalisme. Au programme figuraient de nombreuses interventions sur la situation politique, économique et sociale aux niveaux national et international, mais également un bilan annuel de l’étincelle et de son parent politique, la TMI (Tendance marxiste internationale).

Cette année, la Saint-Valentin aura aussi été l’occasion de déclarer sa flamme à la révolution !

Quelle situation en Suisse ?
Face à l’afflux des réfugiés, à la crise de la dette, à la crise monétaire, les coupes budgétaires imposées par l’Etat qui en résultent, face aux mesures d’austérité, la Crise est enfin ancrée dans les têtes suisses. Mais ce sont-là des symptômes d’une politique bourgeoise en situation critique dont le but est d’en faire porter le fardeau sur les conditions de vie des masses travailleuses. La crise du capital suisse est enracinée dans la crise européenne, suivant la tendance mondiale et se faisant ressentir même chez les BRICS ou, plus communément bien que mal nommés, pays émergents. C’est un fait inévitable d’un capital qui, historiquement et à cause de son marché intérieur trop étroit, a eu tendance à l’exportation et à tous les risques qu’une telle dépendance à l’économie globale comporte. Cette orientation fait de la Suisse une économie mondialement intégrée et nullement un îlot.

L’industrie chimique-pharmaceutique, avec la bijouterie, sont les deux secteurs du pays à ne pas connaître de crise des ventes. Ce changement structurel des exportations suisses dès les années 90 est évocateur d’une anémie généralisée même au secteur-clé de l’économie. Cela démontre aussi la propriété du capitalisme à former de grands monopoles, juridiquement protégés par des brevets et qui se renforcent précisément lors de ces périodes de récession de l’économie.

Rien de nouveau jusqu’ici pou les marxistes, la crise de surproduction accroît la tendance à baisser les salaires, licencier, etc. ce qui réduit la demande en raison de manque de « pouvoir d’achat », s’en suit une crise des ventes et entraîne une nouvelle série de mesures austères, ainsi qu’une tendance à la concentration du capital sous forme monopolistique. C’est un diagnostic d’une simple réalité de laquelle il faut tirer des conséquences politiques.

Perspectives
Malgré ce schéma sinistre, il ne s’agit pas d’une quelconque « phase finale » de la crise. Pourtant, la précarisation des travailleurs voit de beaux jours devant elle, la récession mondiale est loin d’être terminée et les chiffres sont là pour en parler.

La montée de la droite en Suisse est elle aussi présente pour en témoigner. Celle-ci trouve principalement sa source dans la peur et la rage issues de cette situation précarisée. L’UDC est devenu le parti défendant les grands industriels, la bourgeoisie ayant besoin d’un représentant plus agressif que les libéraux, entravés par le partenariat social et leurs fonctions publiques croissantes. Pourtant, l’agressivité des discours est le signe de faiblesses et contradictions dans la formulation des problèmes de la société plutôt qu’un signe de force. Cette xénophobie latente n’est qu’une peur du déclin social dirigée envers « l’étranger ». Et ce qui rend cette impression d’une droite toute puissante est une combinaison entre la passivité citoyenne, démontrée à plusieurs reprises lors des votations notamment, et un manque d’une alternative du côté de la gauche. Tels sont donc les points sur lesquels construire la révolution !

Le Bilan
Même si cette montée de la droite est politiquement visible au niveau législatif depuis les élections parlementaires 2015, l’étincelle – elle – touche les masses de jeunes travailleurs et surtout d’étudiants d’horizons divers et variés sur le terrain. Et la tendance est la même au niveau international ! La TMI se développe et s’agrandit dans la plupart des pays, bien qu’en situation difficile dans certains cas notamment en Grèce après la trahison de Tsipras ou au Brésil.

Mitigeant ces reflets purement institutionnels, la montée en flèche du candidat à la présidentielle américaine, Bernie Sanders, fût la grande thématique internationale de ce XIe congrès. En effet, ses victoires politiques sont d’autant plus un signe fort d’une volonté et d’un besoin de socialisme. Le socialisme qui n’est plus tabou, pas plus qu’il n’est une utopie dans la société étasunienne. Au contraire, c’est bel et bien une réalité mais aussi la preuve au vu de son électorat que l’avenir, là-bas comme partout ailleurs, est décidément dans la jeunesse !

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