Lors de son assemblée annuelle du 15/16 mars, la JS a accepté à une forte majorité le programme d’action de la tendance marxiste. Le parti répond ainsi à la crise du capitalisme avec des revendications telles des nationalisations et une démocratisation d’envergure dans l’économie. En même temps, le combat contre les mesures d’austérité est affirmé. Combiner ces deux questions pourrait devenir une menace réelle pour la politique de crise bourgeoise.

 

Le champ d’action immédiate du parti va consister à lutter contre la politique d’austérité à toutes les échelles, à côté des votations importantes qui s’annoncent (SML, Gripen, etc.). Ceci est mis en évidence par la place importante que ce combat prend dans le programme d’action, mais aussi dans un papier de position à part entière ce qui fait de ce sujet une priorité. Cependant, il n’est pas encore clair sur comment on avance politiquement dans ce sens. Alors que le comité directeur veut combattre la crise avec des impositions plus fortes, la tendance marxiste demande des interventions directes à travers des nationalisations. Ces deux positions ont été acceptées, bien que de façon indépendante l’une de l’autre. Le programme d’action est censé servir comme pont entre ces deux positions. Les nationalisations figurent comme continuation d’une politique fiscale massivement progressive. Le comité directeur, supposément contraint par la politique quotidienne (Tagespolitik), refuse cependant de faire cette connexion. Cette contradiction peut-elle être résolue pratiquement ? Et comment ? Tel est la question.

La nécessité d’un débat
de programme

Le programme d’action fut complété par des points importants comme la protection de l’environnement ou la protection des données. Il forme la réponse la plus vaste du parti à la crise. Il ne remplace cependant pas un débat ample sur le programme nécessaire depuis longtemps. La nécessité d’un tel débat s’est reflétée dans les positions contradictoires qui ont été adopté lors de cette même assemblée annuelle.

C’est ainsi que le débat sur le papier sur la politique d’austérité a relevé la conception diffuse et contradictoire d’une majorité des délégués – et surtout du comité directeur – en ce qui concerne la démocratie et l’Etat.

La tendance marxiste a insisté dans ses amendements à ce que le régime actuel soit considéré de manière conséquente en tant que démocratie bourgeoise. Le comité directeur et la majorité des délégués à cependant refuser cela. Comme Jonas Zürcher, membre du comité directeur l’a déclaré : « La démocratie n’existe que sous une seule forme, et c’est quand les gens décident. » En même temps, il fut répété à maintes reprises que ce n’est justement pas les travailleurs et les jeunes qui décident actuellement. David Roth, le président sortant, soulignait : « Ce n’est pas que la démocratie est conçue faussement, mais qu’elle est dirigé mal par les mauvaises personnes. Et nous devons changer cela, mais au sein de la démocratie. » Et la vice-présidente Ursula Näf se contredit elle-même et ses collègues en citant leur propre document sur les mesures d’austérité : « ‘Une société avec une répartition économique injuste ne peut pas être démocratique.’ Ceci ne veut pas dire que nous ne pouvons pas vivre dans une véritable démocratie sous les conditions actuelles. » Ce qui reste a faire avec une conception si contradictoire de la démocratie reste douteux.

Le parti s’est aussi prononcé pour la participation du PS au Conseil fédéral, même si la décision a été serrée. Les raisons pour ce verdict sont surtout à chercher dans la manière dont l’ancien (et le nouveau) comité directeur a procédé avec cette proposition. Il a voulu se donner un profil plus clair à travers cette manœuvre politique demandant publiquement l’opposition avant d’en discuter collectivement au sein du parti. Cependant, cette décision ne peut pas cacher le fait que le programme d’action socialiste se trouve en contradiction inconciliable avec la participation à un gouvernement bourgeois. Il se dirige directement contre ce gouvernement de crise et donc aussi contre les conseillers fédéraux sociaux-démocrates qui se trouvent bien trop souvent en tête en ce qui concerne les attaques contre la population.

La coexistence de revendications réformistes et révolutionnaires au sein du parti peut bel et bien refléter la crise du capitalisme, mais elle est aussi l’expression de la crise du mouvement socialiste. Il faut en finir avec ces contradictions politiques. Si la JS veut continuer à jouer son rôle de force motrice de la gauche dans ce pays, elle a besoin d’une identité socialiste claire. C’est seulement ainsi qu’elle pourra continuer à jouir de son succès.
L’effet décisif de la pratique

Dans le programme d’action, la JS se prononce pour la nationalisation et démocratisation large de l’économie. Elle a cependant refusé un tel amendement de la tendance marxiste au papier de position du comité directeur sur l’austérité. Hanna Bay du comité directeur a déclaré à ce sujet : « Demander des expropriations ici, dans un paragraphe où on veut montrer les marges de manœuvres concrètes, serait quand même un peu curieux. » Ce qui reste curieux est ce que le comité directeur entend par « plus de démocratie ». Non seulement ils ratent la formulation d’une alternative viable à la politique d’austérité, mais ils vident en plus le programme d’action de son fond. Si ces contradictions reflètent leur désir d’unité ou le manque de compréhension … elles doivent se résoudre dans la pratique.

A quoi va-t-elle ressembler cette pratique ? Dans un premier temps, en actions et campagnes locales ou cantonales contre les mesures d’austérité. La critique de la politique des cadeaux fiscaux pour les riches et la conception de l’austérité touchant, tout d’abord, la majorité de la population va être au centre de ces campagnes. Il est donc facile de faire de l’agitation contre le bloc bourgeois, mais plus difficile de formuler des alternatives réelles. Le moyen le plus facile consiste à transférer les mesures d’austérités sur d’autres terrains, comme la police ou l’armée. Mais ceci ne suffira jamais pour compenser les recettes manquantes, surtout au niveau communal – sans parler de l’extension des acquis sociaux, le but proclamé de la JS. C’est pourquoi, elle demande maintenant une augmentation d’impôts pour les riches. Revendiquer des augmentations des charges fiscales pour les entreprises et les fortunés dans une situation de crise va d’une part rencontrer la résistance immédiate de la part de possédants, mais sera en plus que moyennement compris par les travailleurs. Les conséquences néfastes d’une telle politique au sein du capitalisme sont prévisibles. Le parti peut donc soit échouer dans la pratique, comme toute la gauche en Europe, soit être sur la brèche avec le programme d’action.
Renforcement du parti à long terme

Le parti dispose d’un remède contre les menaces réelles de délocalisation avec les revendications de nationalisation et de démocratisation, fournissant ainsi des alternatives au système actuel. Il commence ainsi à dépasser la logique capitaliste dominante, et ceci bien que ces solutions – tout comme la revendication des impôts plus élevés – n’aient pas réuni une majorité initialement. Mais la JS pourra ainsi réussir à rallier des secteurs décisifs de la population qui cherchent des alternatives au système actuel, des alternatives qu’ils ne trouvent pas chez les autres partis. Ce secteur est loin d’être petit, surtout parmi la jeunesse.

Avec le programme d’action, la JS a maintenant une « base pour le positionnement futur ». La tâche du comité directeur est à présent de savoir se positionner et ainsi diriger l’action du parti à l’échelle nationale. La tendance marxiste va suivre cela attentivement et faire sa contribution dans les sections. La JS du canton de Zurich s’est déjà engagé avant l’assemblée annuelle dans la construction de la jeunesse syndicale et à ce qu’il y ait une fusion entre les structures. Elle commence à réaliser déjà un des points important du programme d’action.

Samuel Hafner
comité JS Zürich

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