La décision de la BNS d’abolir le taux plancher constitue un événement clé pour le changement soudain de la situation générale en Suisse. La crise du capitalisme à l’échelle mondiale arrive …

 

… en Suisse à travers les chemins tordus des taux de change. Les intérêts contradictoires dans la société capitaliste, c’est-à-dire les intérêts de profits des possédants face aux attentes des salarié-e-s d’avoir une vie digne, deviennent une réalité tangible pour des couches larges. On attend des sacrifices de le part des salarié-e-s et qu’ils acceptent des augmentations du temps de travail, des coupes salariales et des baisses d’effectifs. Le sort des entreprises en dépendrait et cela entrerait alors dans l’intérêt de la « place industrielle ». Ces intérêts sont mis en évidence, lorsqu’on regarde les paiements des dividendes pour 2014. La bourgeoisie s’enrichit à un point que la Handelszeitung parle d’une « Dividendenflut », d’une avalanche de dividendes. En 2014, les 20 entreprises les plus importantes de Suisse ont à elles seules versé 36 milliards de francs à leurs actionnaires, 4% de plus qu’en 2013. Il faudrait probablement questionner nos grands parents pour savoir quand fut la dernière fois où les salaires ont autant augmenté en une année. Dans le système capitaliste, défendre la place industrielle ne signifie rien d’autre que la défense des profits des patrons et des proprios.

 

Les expériences engendrées par les attaques massives contre les conditions de travail à travers toutes les branches et tous les secteurs ont des effets inévitables sur la conscience des salarié-e-s. Les réactions face à ces attaques demeurent cependant très inégales à travers les différentes parties du pays. Le choix entre la capitulation et le combat reste cependant à l’ordre du jour. Alors qu’en Suisse romande la décision n’est pas encore tombée, la bureaucratie syndicale en Suisse alémanique semble avoir opté pour la capitulation. La petite vague de grèves au Tessin a cependant démontré, de manière impressionnante, que des victoires sont possibles lorsqu’une résistance se forme au niveau des ateliers. Après avoir repoussé ces attaques contre les conditions de travail, les entrepreneurs au Tessin n’osent actuellement plus lancer des nouvelles attaques. Ils craignent des nouvelles luttes des salarié-e-s, ainsi que la solidarité qui se construit autour. C’est ainsi que, fin février, une manifestation en défense du travail, organisée par le PS, a pris lieu à Bellinzone. Les 600 manifestant-e-s ont montré aux patrons qu’ils doivent s’attendre à de la résistance. Ceci montre la vitesse avec laquelle le mouvement ouvrier peut sortir gagnant et renforcé des luttes défensives. Les organisations des salarié-e-s sont poussées à l’activité sous pression de la base. Tou-te-s les salarié-e-s du Tessin ont compris que la lutte paie. Mis à part la grève des travailleurs de Mecalp Technology à Genève, ces expériences tessinoises sont restées isolées à la Suisse italophone. La restriction du flux d’information par la presse bourgeoise doit être contournée et les travailleurs en Suisse romande et en Suisse alémanique doivent généraliser l’expérience tessinoise. Ce n’est qu’ainsi que la tendance à la défaite peut être inversée.

 

Les représentants de la classe dirigeante procèdent, entretemps, à un entrainement en voyant, en calculant et en recalculant les pronostiques conjoncturels. Mais pour nous l’importance de ces pronostiques n’est que relative : peu importe si le PIB monte ou tombe, les attaques continueront. Les capitalistes sont trop tentés par la possibilité de continuellement s’enrichir sur le dos des travailleur-euse-s. Les attaques, qui jusque-là se limitent encore principalement aux entreprises – peu importe si elles sont orientées sur le marché extérieur ou intérieur – ne sont pas encore terminées. Les attaques politiques, qui prennent la forme de l’austérité et de la décharge des patrons (RIE III, etc.) vont cependant encore arriver. En même temps, le caractère absurde de l’austérité est mis en évidence ce printemps. Le canton de Berne a pu clore son budget 2014 avec un excédent de 200 millions de francs. Il semble que Berne est géré comme une entreprise, censé économiser un maximum de charges afin de réaliser des gains maximaux. La situation est encore plus obscène à Genève ou un transfert de patrimoine renfloue les caisses publiques avec plus d’un demi milliard de francs. Il devient évident que la richesse pour le financement d’un service publique dans l’intérêt des salarié-e-s, des jeunes et des fonctionnaires existe. Le seul problème : cela rentre en conflit avec les intérêts de profits de la classe dirigeante qui se base sur la propriété privée des richesses. Cette base du capitalisme empêche des centaines de milliers de personnes dans ce pays d’avoir une vie digne. La conclusion doit être claire : des conditions vivables ne seront réalisables qu’en s’opposant frontalement au système dominant et en militant pour une alternative socialiste.

 

La rédaction

 

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